Nitroglycerin BoxIf one day you come for cry ; I think that I want you. If one day, maybe one night. So we'll choose.

Nitroglycerin BoxIf one day you come for cry ; I think that I want you. If one day, maybe one night. So we'll choose.
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Three words, eight letters, say it & I'm yours
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Synopsis

________Eleen est une jeune fille de dix-sept ans. Elle déménage de son New York natal, pour aller s'installer en Californie, sous la tutelle de son frère Jackson, plus vieux qu'elle de huit ans. Un passé douloureux, une grande différence, une dose de sarcasme, tous ces petits détails, aussi insignifiants soient-ils, l'empêchent de reprendre goût à la vie. Mais, le soleil de Los Angeles l'aidera-t-il à aller mieux ?! & si elle avait besoin... de plus ?

Je tiens à préciser que cette histoire n'est pas une fan-fiction mais une, sortie de ma propre imagination, dont les protagonistes ne sont que fictifs.

Notez moi ; c'est vraiment très important pour que mon histoire avance, & ça compte beaucoup pour moi. Merci à l'avance.

Etre prévenu ?

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# Posté le samedi 31 janvier 2009 11:08

Modifié le vendredi 27 mars 2009 04:52

PrologueDeath is peacefull, easy. Life is harder.

________ Je l'attendais, la grande prêtresse.
________ Les yeux rivés au plafond, mes sens s'estompaient peu à peu, laissant place à un engourdissement gagnant tous mes muscles, la perte du contrôle. Mes idées défilaient, et j'en oubliais même le but de ma présence ici.
________ Etant jeune, je n'avais jamais vraiment réfléchi à la façon dont j'allais mourir. Ce qui était certain, c'est que ça, je ne l'avais pas vu venir. Je ne pourrais décemment pas dire que j'avais bien vécu, même si le manque ne m'avait jamais attaqué, ma vie n'avait pourtant pas été d'une gaieté enivrante, ni d'un calme plat.
________ Autour de moi, les voix n'étaient plus que des murmures, et mon combat contre l'obscurité s'annonçait mal parti, mes paupières se fermant automatiquement, dès que mon attention chavirait.
Alors que plus rien n'avait réellement d'importance, je me sentis voyager, des jeux de lumières marquant ma rétine, et ce fût avec étonnement que j'entendis prononcer mon prénom, dans un déchirement de cris et de larmes. Dans un ultime effort, je tentai de me redresser mais une force m'en empêcha, m'obligeant à rester immobile.
________ Ce fût donc dans une ignorance totale, que je rendis ce que je croyais être mon dernier souffle.

# Posté le dimanche 01 février 2009 04:45

Modifié le lundi 23 février 2009 15:50

Premier ChapitreDon't be so scared, babe. This is just my life.

________New York me manquerait. Sa brume, sa neige, sa pollution. Je regretterai tout de cette mégalopole ; mon unique mère. Mais Jackson voulait partir, alors nous la quittions. Il ne l'aimait plus, elle et ses rues, ses gens, ses dangers... C'en était simplement trop pour lui. Et moi, je suivais. Si il pensait pouvoir être heureux partout ailleurs, alors tant mieux. Mon bonheur à moi n'existait pas.
________Mes doigts caressèrent la porte pour la dernière fois alors que je faisais mes adieux à cette maison, celle où demeurait encore mon âme d'enfant. Le chauffeur, lui, s'impatientait en bas des escaliers, klaxonnant à tout vas et me priant de me dépêcher. Je dévalais les marches sous la pluie, faiblement abritée par mon sac rempli de babioles, uniques souvenirs de ma vie passée. A cette heure-ci, la ville était déjà plongée dans une étrange obscurité, inquiétante et dérangeante pour les personnes qui, comme moi, redoutaient la nuit, sans cesse accompagnée de son lot d'horreur. Je me roulais en boule sur mon siège et contemplais ma ville une ultime fois, m'imprégnant de chacun de ses gratte-ciel, mémorisant ses jeux de lumière. J'étais seule, pour ce douloureux voyage. Jackson se trouvait déjà là-bas depuis le début de la semaine, voulant m'épargner l'installation au maximum, m'empêcher d'y mettre mon grain de sel. Ce qu'il y avait de bien avec lui, c'était cette faculté qu'il avait à pouvoir tout contrôler, simplement pour décharger quelqu'un d'une lourde tâche, l'apaiser au maximum. Oui, sa compagnie m'était précieuse.

________Le vol fût long, le voyage interminable. J'avais la désagréable impression que nous survolions le pays au ralenti, que le pilote ne savait tout bonnement pas ce qu'il faisait. Le silence régnait tout autour de moi, l'appareil était plongé dans le noir complet, les passagers dormaient d'un sommeil calme et paisible, totalement confiant en ce qui concernait leur arrivée à bon port. Moi, je ne l'étais pas. Froussarde comme ce n'était pas permis, mes dix-sept ans ne me différenciaient pas d'une fillette qui en aurait quatre, et qui prendrait l'avion pour la première fois... Pourtant, quelques heures avant notre atterrissage, Morphée me rattrapa, et je m'endormis, inquiète à l'idée de ce qui m'attendait plus tard.

________Le LAX ressemblait plus à un interminable labyrinthe, qu'à un aéroport. J'errais, sans but précis, entre des touristes agacés du retard de leur avion et d'autres émerveillés face à tant de modernité, semblables à un troupeau de moutons tout droit sortis de leur pâture. Je traînais mes deux gros sacs derrière moi, guettant, en vain, le mètre quatre-vingt-dix de mon frère. Ma nouvelle vie commençait bien : moi, Eleen Creep, j'étais perdue dans l'aéroport de l'une des plus grande métropole du continent, seule et déprimée, à la triste recherche de l'abruti qui me servait de famille. Je sortis mon I-pod et m'assis dans un coin, appuyée contre mon sac, prête à subir une longue, très longue attente...
________Ma playlist commençait sérieusement à s'épuiser lorsque Jackson pointa le bout de son nez, trois heures après mon arrivée à Los Angeles. Je l'observais, lui et sa tignasse blonde, courir à ma rencontre l'air désolé et se confondant en milles excuses. Je me levai péniblement, et lui me prit dans ses bras, me serrant au point d'étouffer. Peu habituée à ce style d'extravagance, je refermai maladroitement mes bras dans son dos et restai crispée, attendant la fin de son étreinte. Il me lâcha enfin et passa une main dans mes cheveux, les ébouriffant au passage.
- Bienvenue à Los Angeles, me dit-il un sourire aux lèvres.

________Je le gratifiai d'un faible hochement de tête et attrapai ma valise, pendant qu'il agrippa mon sac, me prit par les épaules et me conduisit à sa voiture.
Jackson n'arrêta pas de parler, me vantant les mérites de la ville, les avantages de son nouveau travail et la beauté de la maison. Je l'écoutai à peine, bien trop absorbée par le paysage ensoleillé qui défila sous mes yeux. Nous n'étions qu'en octobre, mais ici, le soleil brillait comme pendant un mois d'août New Yorkai. Je ne voyai que des filles en mini short et je me sentis bien terne et fade face à leurs corps parfait, que je n'avais pas. Je secouai la tête pour m'enlever ces images de l'esprit et me décidai à entreprendre une conversation avec Jackson. Il faisait des efforts, après tout.
- Et, hum, t'as vu à quoi ressemblait le lycée ? lui demandai-je, réellement intéressée.
- Je suis passé devant l'autre jour. Il a vraiment l'air bien. Fais moi confiance Eleen ; tu t'y plairas.
________Je secouai la tête en signe d'approbation et me re-concentrai sur ce qui m'entourait. Des maisons, toujours des maisons. Les buildings me manquaient déjà. En soupirant, je m'enfonçai dans mon siège et tapotai la vitre de mes doigts fins, fermai les yeux et attendis.

________La maison ressemblait exactement à ce à quoi je m'attendais. Plutôt grande, blanche avec de larges baies vitrées. Jackson n'avait pas menti : elle était superbe. Et, gros avantage, j'avais ma propre salle de bain. J'en fis rapidement le tour et m'allongeai au travers de mon lit, réfléchissant déjà à comment j'organiserai mon espace personnel. Les murs de ma chambre sentaient encore la peinture fraîche, odeur persistante mais agréable. Quelques minutes plus tard, je me levai en un bond et descendis au rez-de-chaussée, récupérer mes affaires. Jackson était là, avachi sur le canapé à regarder la télévision. Il me fit un clin d'½il et se retourna vers l'écran plat, pendant que j'attrapai mes valises et les hissai jusqu'en haut. Je fermai la porte derrière moi, les jetai sur le lit, et entreprenai le déballage de toutes mes babioles.

________Je consacrai le reste de mon après-midi au ménage et à la cuisine, les points faibles de Jackson. Sans une aide féminine, il ne s'en sortira jamais. Je lui servis son repas à dix-neuf heures pile et remontai à l'étage, profiter d'un petit moment de solitude. Je pris une douche, la plus longue qu'il me fût donné d'avoir, sautai dans mon pyjama et descendai souhaiter une bonne nuit à Jackson. Je remontai aussitôt dans mon antre et en fermai la porte à clef.
________Ce ne fut qu'une fois roulée en boule sous ma couette, que mes larmes coulèrent et que je m'octroyai enfin un moment de déprime.

# Posté le mardi 03 février 2009 12:06

Modifié le lundi 23 février 2009 15:52

Second chapitreEverything is under control. I promise.

______ Le soleil brillait, balayant ma chambre de rayons clairs et lumineux. Je sortis péniblement la tête de sous ma couette et ouvris un ½il, puis l'autre. Mon réveil me donna la triste confirmation que je redoutais tant : il était sept heure. Anodin, me direz vous. C'était simplement le douloureux commencement de mon enfer. Je m'extirpais de mon lit le plus lentement possible, mais mes efforts ne furent d'aucune utilité, les minutes semblant passer à une vitesse incroyable. Aucun bruit ne parvenait à mes oreilles ; la maison était plongée dans un calme plat. Je me levais et me dirigeais vers mon dressing, fouiller parmi le tas de vêtements qui me servait de garde-robe.
______ Assise devant mon armoire une cigarette à la main, j'essayais de dénicher la tenue adéquate à mon premier jour de torture. En soupirant, je jetais mon mégot dans le cendrier situé à mes côtés et me levais. Au grands mots les grands remèdes : je fermai les yeux, plongeais les mains dans ma pile de vêtements et en tirais deux bouts de tissus au hasard - jean tout ce qu'il y avait de plus banal et tunique blanche - bonne pioche.
______ Mes pas me conduisirent à la cuisine, où un mot traînait sur le comptoir, gribouiller d'encre noire, d'une écriture quasiment illisible. « Tu vas tous les niquer. Bonne journée. » Ces quelques mots m'arrachèrent un sourire, et j'attrapais le bout de papier, le pliais et le fourrais dans ma poche, histoire d'avoir un peu de réconfort. Je me servis un verre de lait et remonta terminer ma préparation mentale à l'étage. Je faisais les cents pas dans ma chambre, tout en me récapitulant les étapes de mon périple.

Premièrement : se rendre au lycée.
Deuxièmement : se fondre dans la masse.
Troisièmement : rentrer saine et sauve.

______Les premièrs et derniers chalenge me semblaient les plus faciles, tandis que le second me paraissait d'une horreur inexplicable, d'une insaisissable difficulté. Pouvait-on faire pire ?!
______ Je saisissais mon sac et le remplissais de feuilles, pochettes, stylos, pour enfin y glisser mon porte-monnaie et le fermer violement. Je le balançais sur le lit et fusillais mon réveil du regard. Sept heures cinquante-huit. Je buvais mon lait d'une traite, posais mon sac sur l'épaule et quittais ma chambre, me munissant de mon I-Pod et de l'itinéraire que Jackson m'avait soigneusement préparé. Je dévalais les escaliers, attrapais mes clefs et sortais affronter ce matin chaud et ensoleillé. La porte fermée, je me ruais dans les rues de LA, à la recherche d'un bus qui me sauverait – la marche à pied, très peu pour moi.

______ Mon reflet dans la vitre du bus était encore pire que ce que j'imaginais. Mon teint était blafard, pâle comme une statue, blanc comme le marbre ; mes cheveux passaient plus pour une masse brune sans vie que pour une crinière belle et ordonnée ; enfin, mes grands yeux bleus ne reflétaient strictement rien, excepté la peur, accompagnée d'une dose de doute. Au fur et à mesure que nous roulions, je croisais, au hasard des rues, de nombreuses voitures surchargées d'étudiants, riant pour certains, révisant pour d'autres.
______ Et puis ce fut mon arrêt. L'établissement me parut bien petit en comparaison de celui que je fréquentais à New York. Tout me semblait minuscule ici, à commencer par le parking. Une horde de voitures faisait la queue pour y avoir accès, alors que les places se faisaient de plus en plus rares, voir inexistantes. Les locaux ne semblaient pouvoir accueillir qu'une centaine d'élèves, et le terrain de baseball n'en parlons pas, il faisait plus parc à jeux que stade. Je descendis la dernière de mon car, et sortis la pauvre feuille de calepin que Jackson m'avait préparé, la déplia et la parcouru du regard.
______ D'après les précieuses indications de mon frère, l'accueil se trouvait au rez-de-chaussée du premier bâtiment. J'avançais donc, circulant parmi les voitures et les lycéens, essayant de ne pas les bousculer ni de me faire renverser. Je poussais enfin les doubles portes du hall et me rendais au comptoir, où une dame d'un certain âge me toisa, avant de me demander, traduction, ce que je fichais dans les parages. Je lui répondis, munie de mon plus beau sourire, que j'étais nouvelle et que j'étais, par conséquent, perdue. Ma charmante hôtesse me fixa quelques instants, se demandant sûrement si je me payais sa tête ou si mes propos étaient sérieux, avant de me tendre un paquet incalculable de feuilles. Sans même me donner la peine de la remercier, je fis demi-tour et partis, jetant un coup d'½il à mon premier morceau de paperasse, mon emploi du temps. Je commençais par un cours de maths, fantastique. J'avais ensuite Anglais et enfin Espagnol. Matinée qui s'annonçait palpitante. Je re-traversais donc la jungle d'élèves pour me rendre au second bâtiment, premier étage.
______ La salle fut plus facile à trouver que ce que j'imaginais et j'étais, pour l'instant, l'unique cruche à poireauter devant la porte. Me sentant bien seule, j'entrepris de feuilleter les pages de présentation du lycée. Ce fut un choc. Ici, ils n'accueillaient que quatre cents élèves. Pardon, quatre cent un, à présent. J'avais déjà beaucoup de mal à m'intégrer dans un établissement de mille élèves, alors avec six cent de moins, je préférais ne pas imaginer le supplice. Marmonnant un flot de paroles incompréhensibles, je cachais le tas de papier au fond de mon sac, juste à temps avant l'arrivée d'un groupe de personnes, suivis d'un autre, puis d'un dernier. Ils se positionnèrent près de moi et je me sentis rougir comme une gamine face à la proximité de tous ces inconnus. Pauvre idiote. Certains me sourirent maladroitement et je fis de même, du moins j'essayai.

______ Je n'aimais déjà pas les maths, mais alors là, ce fut pire. Mon professeur, un certain M. Jones ne m'aidait pas à approfondir ma sympathie pour cette torture, loin de là. De petite taille, chauve et corpulent, il avait, en plus d'un physique ingrat, la fâcheuse manie de m'appeler par mon nom de famille. Et il avait eu, pour couronner le tout, la bonne idée de me forcer à me présenter moi-même, devant toute l'assemblée. Echec total. Il venait tout simplement de me déclarer la guerre.
______ Le cours enfin terminé, je rangeais mes affaires avec un empressement mal dissimulé et me préparais à quitter la salle, quand je me rendis compte, en levant les yeux de ma paillasse, qu'une jeune fille s'était approché de moi, me fixant d'un ½il brillant et joyeux.
- Kristen Sharp, déclara-t-elle. Enchantée.
- Eleen, lui répondis-je, lui rendant son sourire.
Elle me regarda de longues secondes avant de baisser les yeux et de continuer sur sa lancée.
- Tu t'ennuies où ensuite ?
- Hum... Anglais ! lui répondis-je, une moue de dégoût aux lèvres.
- Oh ! Comme moi !
______ Elle m'emmena à la salle suivante, me questionnant sans cesse sur la vie à New York, les quartiers chics de Manhattan, les activités que j'y pratiquais ; elle n'y avait clairement jamais mis les pieds.
Je lui répondais, émettant de temps en temps de léger bruit d'approbation. J'étais soulagée d'avoir au moins une connaissance, pour ce premier jour. De plus, elle semblait réellement adorable.
Mes deux derniers cours de la matinée passèrent à une vitesse étonnement rapide, et j'avais, à présent, cinq personnes de plus dans mon répertoire. Ce n'était peut être pas si terrible que ça, finalement.

______ Mon après-midi se déroula grosso modo de la même façon, après que j'eusse passé un déjeuner entourée de personnes plus nombreuses que nécessaire, les fidèles amis de Kristen. Sur une quinzaine de prénoms je n'en retins que huit, triste preuve de mon désintéressement à tout ce qui m'entourait.

______ Ma soirée fut calme, Jackson ne rentra pas avant huit heures, et de mon côté je ne fis que travailler, rattraper le retard que j'avais accumulé jusque là. La nuit tombée, je m'allongea sur mon lit et m'endormis d'un coup, excessivement fatiguée. Je n'allais pas mieux, non. Mais j'essayais.

# Posté le samedi 07 février 2009 09:19

Modifié le lundi 23 février 2009 15:52

Troisième ChapitreBecause when I look in your eyes, I just see the sky.

______ La routine s'installa rapidement dans ma nouvelle vie, ce qui ne fut pas pour me déplaire. Mon second jour de cours se déroula exactement de la même façon que le premier, la nouveauté et le stress en moins. Et puis les autres suivirent le même schéma. Le temps ne changeait pas, lui non plus. Il faisait toujours beau et cet hymne au soleil commençait à me rendre malade. La pluie d'un automne New Yorkais me manquait plus que de raison. Jackson était rarement là, occupé entre l'hôpital et son cabinet, ses patients et sa copine. Pourtant la solitude ne me pesait pas, bien au contraire. J'aimais me balader seule dans les rues de la métropole, rentrer à l'heure que je voulais et passer mes soirées engoncée dans un vieux survêtement de mon frère sans que personne ne me dise rien. Ma vie sociale ne rimait pas à grand-chose, certes, mais ça me convenait. Un coup de fil de Kristen de temps en temps servait à me tenir au courant des derniers ragots du lycée, sa bonne humeur contagieuse me faisait un bien fou, et je me surprenais même à m'intéresser à tous ces cancans et à rire de bon c½ur, sans me forcer.
______ C'était aujourd'hui mon premier véritable week end à Los Angeles et je n'avais pour l'instant strictement rien de prévu, ni visite, ni sortie. Comme chaque jour depuis maintenant une semaine, le soleil inondait ma chambre de ses rayons matinaux et me réveillait doucement, bercée par le bruit des rues et la chaleur étouffante. Il était dix heures passées quand j'émergeais de mon sommeil et la maison semblait, comme d'habitude, dépeuplée de toute forme de vie. Je me levai doucement et ouvris mes fenêtres, fumer ma première cigarette de la journée. Songer à arrêter ces horreurs là serait réellement une bonne chose. Je refermais ma vitre dans un soupir et reposais mon briquet, pour ensuite me rendre au rez-de-chaussée, histoire de me trouver une occupation.
______ Cela faisait à présent deux heures que je tournais en rond, à nettoyer la cuisine et travailler, lire et regarder la télé. Je m'ennuyais ferme sur le canapé, quand le vague fond sonore fût teinté d'une sorte de parasite, et ce fût avec une lenteur encore jamais inégalée que je me dirigeai vers le téléphone, l'attrapais et répondais à mon interlocuteur.
- Allô ? croassais-je
- Eleen ? C'est Kristen ! Je te dérange pas ?
- Oh. Salut Kristen. Non, non ; je ne faisais rien de spécial.
- Dis moi, tu n'as rien de prévu ce soir ?
- Pas que je sache, avouais-je quelque peu gênée.
- Génial ! Il y a une énorme fête chez Steve. On passe te prendre vers sept heures, okai ?
- Euh oui, d'accord, lui dis-je quelque peu surprise.
- Super ! Je te laisse, il faut que je me prépare. A ce soir !
- C'est ça, à ce soir.
______ Je n'eu pas le temps de terminer ma phrase qu'elle avait déjà raccroché, s'activant sans doute aux préparatifs de sa tenue, des chaussures aux bijoux. Je n'avais personnellement aucune idée de ce que j'allais mettre, et c'était, de loin, le cadet de mes soucis. Une fête. Une fête ! Comme si en trois ans de décadence en plein New York, je n'avais pas eu mon compte de petites sauteries. Si c'était le prix à payer pour s'intégrer ; et bien tant pis.

______ Six heures et trois tenues étalées sur mon lit plus tard, je me trouvais en pleine réflexion sur la panoplie adéquate sur laquelle arrêter mon choix pour ce soir et j'étais, avouons-le, complètement perdue. Une robe noire, une autre rouge et une minijupe en jean étaient mes trois dilemmes de la journée, et à peine une quarantaine de minutes avant l'heure fatidique, je me trouvais toujours en sous-vêtement, sans aucun but.

______ Une fois ma robe noire enfilée, coiffée et maquillée, je gribouillais un mot de vagues excuses à Jackson et attrapais mon sac, seulement deux petites secondes avant que la sonnerie ne retentisse. Je jetais un dernier coup d'½il au miroir et me ruais en direction de la porte, accueillir Kristen et compagnie.
______ Notre petit groupe était formé d'un nombre de personnes plus élevé que ce que je pensais, et même en me concentrant, je n'arrivais pas à mettre un prénom sur chaque visage, sans parler de celles que je ne connaissais pas. La soirée démarrait bien.

______ Notre hôte de ce soir possédait une maison à couper le souffle ; une villa blanche joliment agrémentée de baies vitrées, entourée d'un énorme jardin et d'une piscine accompagnée d'un jacuzzi. L'endroit était bondé, rempli d'alcool et de produits illicites en tout genre. Les enceintes vibraient de plaisir au son de la musique ; c'était l'orgasme musical*. Certains couples dansaient corps contre corps au rythme des basses, d'autres s'encanaillaient dans les coins plus sombres, tandis que Kristen, la bande et moi, étions avachis sur les canapés, fauteuils et poufs mis spécialement à notre disposition, à fixer les personnes présentes, et à se rincer l'½il pour certaine.
______ Pour ma part, aucun individu de sexe masculin présent ce soir ne m'intéressait, ce qui ne changeait pas vraiment de d'habitude. Je n'avais jamais été branchée « mecs », à accumuler les conquêtes et les plans drague, et mon expérience à ce sujet était bien vaste, même insignifiante.

______ Autour de nous les groupes et les couples se formaient, se désunissaient pour ensuite se retrouver sur une dernière danse. Certains ne supportaient déjà plus la dose d'alcool qu'ils avaient bu et d'autres ne tenaient pas debout ; le pathétisme de leur comportement me prit par surprise et je me sentis défaillir à la remémoration de tous ces souvenirs. Mon état devait être critique car les filles me forcèrent à me rendre dans la salle de bain, me passer de l'eau sur le visage et me changer les idées. Je m'y rendis en titubant à moitié et reconnus quelques visages dans l'assemblée, avant de m'engouffrer dans la pièce et en fermer la porte à clef. L'endroit était décoré de carreaux blanc et marron, d'une large baignoire beige et d'un grand lavabo en marbre, surmonté d'un miroir. Je contemplais mon reflet quelques minutes, avant de décréter que je ne pourrais, de toute façon, rien changer à mon apparence.
______ Je sortis de la pièce à reculons et rejoignis mes amis, dont le nombre avait encore augmenté en mon absence, dont les rires me parvenaient d'ici. Je fendis la foule avec un léger sourire et me rassis à ma place, en même temps que l'on me présentait tout ces nouveaux visages.
______ Et ce fut, à ce moment précis, que je le vis pour la première fois.
______ Un jeune homme, dix-sept ans tout au plus, s'approchait de notre groupe, d'une démarche nonchalante, un verre à la main. Il me semblait grand, sans doute dans les mètres quatre-vingt-cinq, et son comportement ne laissait clairement aucune fille indifférente. Ses cheveux bruns légèrement ébouriffés et son impeccable sourire lui donnaient un air d'ange et la perfection de ses traits me laissait en émoi. Ses grands yeux verts étaient encadrés de longs cils noirs, et son nez, droit et fin, terminait l'irrévocable beauté de son visage. Il était vêtu d'un pantalon cigarette noir, d'une chemise blanche au col largement ouvert et d'un veston sombre, tenue s'accordant parfaitement à l'image qu'il donnait. Il s'arrêta quelques instants pour saluer l'organisateur de la fête, et continua son chemin, s'orientant toujours vers l'endroit où nous nous trouvions. Je sentais mon c½ur s'enflammer dans ma poitrine, battre à tout rompre, entraîner l'affolement de mes poumons et l'accélération de ma respiration. Tous les regards se braquaient sur lui et je n'arrivais tout bonnement pas à détourner les yeux de son visage, et je contemplais - comme toute les personnes ici présente le faisait sans aucun doute - la magnificence de son physique, l'assurance qu'il dégageait et ce soupçon d'insolence qui semblait émaner de son allure.
______ Je me décidais enfin à détourner les yeux de ce dieu vivant, et jetais un regard interrogateur à Kristen, qui n'eu même pas besoin de m'entendre formuler ma question à voix haute pour me répondre, un léger sourire aux lèvres.
- Chuck Wallfrey. Il est sublime, n'est-ce-pas ? Cela m'étonne que tu ne l'ai pas encore remarqué au lycée. Il entraîne des malaises à chacun de ses passages pourtant, me dit-elle une légère excitation illuminant ses pupilles sombres. Mais, ajouta-t-elle, il a beau être libre, ne t'attarde pas trop sur son cas ; Candace lui a déjà mis la main dessus.
- Candace ? lui demandais-je, incrédule.
- La blonde qui lui colle aux fesses, m'indiqua-t-elle d'un léger signe de tête. Partout où il est, tu peux être sûre de la trouver, elle aussi.
- De toute façon... Il ne m'intéresse pas.
- Sage décision Eleen. Ce mec est un tombeur. Le plus Casanova de toute la population masculine de Los Angeles, crois moi.
______ Je lui adressais un faible hochement de tête et tentais de penser à autre chose, me concentrant sur les mouvements qu'effectuaient deux danseurs... En vain. Rien ni personne ne pourra me faire oublier le premier coup d'½il que je jetai à Chuck Wallfrey.

# Posté le mercredi 11 février 2009 10:03

Modifié le lundi 23 février 2009 15:53